Le concept

John Morgan, Flickr, https://www.flickr.com/photos/aidanmorgan/3249920052

« Nouveau sondage : X nouveau favori de l’élection ». Combien de fois avez-vous lu ou entendu cette phrase ? En période électorale, elle fleurit un peu partout, des blogs aux journaux télévisés en passant par les quotidiens les plus sérieux. Le problème c’est qu’elle est fausse. Souvent d’ailleurs, le sondage suivant viendra démentir le statut de nouveau « favori » du candidat X. C’est que ce qui compte en la matière, ce sont moins les valeurs isolées que la moyenne de ces valeurs. Autrement dit, accorder plus d’attention à un sondage parce qu’il bouscule la hiérarchie est trompeur. Il s’agit probablement d’un outlier, d’une valeur aberrante. Lui donner trop de poids revient à faire une inférence abusive, à conclure par exemple, après avoir observé un pain au chocolat à 0,15€ chez un boulanger parisien, que le prix moyen du pain au chocolat en France est de 0,15€[1]. Un outlier a cependant une utilité. Il aide les candidats à installer un narratif de campagne « too close too call » dans les médias ; les challengers en concluent que « rien n’est perdu », et le favori que « rien n’est joué ». C’est un classique : motiver les foules et entretenir la mobilisation de sa base par des arguments souvent plus émotionnels que factuels. Sélectionner uniquement les données qui vont dans votre sens est un artifice rhétorique très efficace en ce sens.

Ce n’est pas ce que nous faisons ici. Notre volonté de monter Contes de Faits est venue d’une remarque simple : le journalisme politique français, et plus largement le débat politique, n’est pas assez factuel. Théorique et éditorial, il est stimulant intellectuellement mais recourt souvent à des arguments logiques plus que factuels. Or, il a de moins en moins d’excuses pour ne pas utiliser les outils statistiques et informatiques dont nous disposons aujourd’hui pour trier le vrai du faux. Les mots ont besoin des chiffres – et inversement.

Notre objectif est donc simple : éclairer les débats de manière chiffrée, factuelle et impartiale. Nous utilisons des méthodes statistiques, ainsi que les méthodes et résultats de la recherche en sciences sociales et économiques pour éclairer les sujets politiques, économiques et internationaux, et calculer des prévisions. Notre agrégateur de sondages est la première pierre de cet édifice destiné à interroger avec des chiffres les histoires racontées par nos responsables politiques.

Enfin, Contes de faits ne recule pas devant les sujets exigeants, car il considère que tout citoyen ouvert d’esprit peut comprendre à n’importe quel thème – à condition que ce dernier soit bien expliqué. Notre style est donc accessible et pédagogique. Pour expliquer et prévoir. Pour un débat plus éclairé. Pour en finir avec la politique-fiction.

[1] Exemple fictif. Toute ressemblance avec des faits réels est le fruit du hasard.